Moi, je…

By Posted in - Non classé on mars 9th, 2014 0 Comments

Le soleil m’a toujours fait revenir à moi, je lui en suis d’une reconnaissance infinie! Si il pouvait rester toute l’année, il serait bien avisé!

J’ai cette fâcheuse tendance à me fondre dans les autres; une empathie sur-développée peut-être. Un besoin de sentir les autres avec un peu plus de bien-être autour de moi et les y amener, jusqu’à, facilement, oublier qui je suis.

Avec une rupture de plus dans la poche, j’ai entamé l’hiver. Le printemps approche et, commence, enfin, le nouveau réveil, il aura mit du temps cette fois, à arriver. Et voilà que je dois me retrouver…

Devrais-je dire « encore »? Devrais-je crier « ENCORE »?

Bien sûr, il est d’évidence de se remettre en question à chaque changement. Mais moi, si fragile moi, je suis un caméléon, dans l’autre, je me fonds. Puis, à la fin, je me retrouve face contre terre, les cheveux dans la poussière et je me cherche outrageusement. J’ai perdu maintes fois mes repères, je me suis laissée aller à tant de fracas, parce que j’avais trop peur d’être moi…

Et pourtant, c’est bien ce « moi », qu’ils ont tous de plus fort que moi! M’en remettre à l’évidence, personne ne se donne en ce monde! Crier à l’indulgence? Personne n’entendra un coeur qui hurle. Il faut des oreilles dans l’âme et les âmes se perdent dans les chimères de la guerre de soi.

Petite guerre de soi…. Rester soi, oui! Et encore une fois, je vois que tout ça fait toujours les frais d’une battle entre deux « je », deux « moi »; des « Moi-je » sourds et aveugles aux soupirs de l’autre.

Oui, je me cherche encore, et je commence à me trouver, oui, je me perds encore, mais je commence à rectifier.

Pourtant je ne suis pas certaine que mon aspiration soit dans le fait de me suffire à moi-même, oh non! Je ne suis pas capable de vivre seule, je ne l’ai jamais été. C’est sans doute pour cette raison, qu’ont défilé mes jours dans des couleurs aussi variées, une quantité impressionnante de Pantone visitées en si peu de jours à semer.

Bien sûr, j’ai décidé de ne plus laisser faire. De choisir moi, de m’affirmer! Et je libère certaines de mes envies, de mes idées, de mes certitudes, de mes goûts. Mais il revient toujours, à un moment, quelqu’un, que j’aime intensément (je ne sais aimer autrement) qui entend et qui dit: « Ah, non, ma petite, c’est pas comme si, ou comme ça, tu as tort! » Alors, je m’enferme et je me tais et à nouveau me fonds…

Etre soi, hein! C’est bien ça? Oui, mais être soi à tout prix m’horripile, comment peut-on se défendre de soi au détriment de l’autre? Je devrais commencer à le faire; j’ai tant de fois souffert de ne pas faire souffrir.

De mes résolutions de m’affirmer peu sont restées debout, alors quoi? Dans ce monde où le narcissisme prédomine, que fait ma petite île flottante dans sa dérive?

Je crois que je crois quand-même en moi. Qu’au fond, je sais ce que j’aime. Que je laisse juste couler parfois les idéaux qui ne me massacrent pas. Je crois aussi que j’aime avec une fascination sourde apprendre de l’autre et transformer mes idées quand d’autres me paraissent plus appropriées, mais aujourd’hui, je veux aussi affirmer mes idées en lesquelles j’ai confiance. Et je crois aussi en ce que je fais, en ce que j’écris et bien mieux, même au-delà de devoir l’affirmer, mais éveillé en mon être, je crois en moi.

Combien sommes-nous de caméléons sur cette terre? Je me suis parfois demandée si j’étais seule à ça, souvent même… Il y a une clé, une petite clé, vraiment toute petite, que je viens de trouver. Pour rester lui-même en s’assurant de ne pas blesser les autres, un caméléon après s’être retrouvé, doit accepter de prendre un tout petit peu plus de temps avant d’entrer dans une relation, pour être absolument certain d’avoir en face de lui un autre caméléon.

La profondeur de l’être est le besoin ultime que nous avons; le partage, le besoin primaire. Se donner le droit d’être heureux, c’est ne plus courir à l’écrasement de soi. Accepter le manque plutôt que la souffrance, même si la force est faible aux bouts de nos doigts. S’extirper à ces pièges qui enveloppent nos âmes de voiles soporifiques. S’épanouir au soleil et attendre de savoir qui il est, même si la douleur du vide cogne jusqu’à saigner.

Rester soi, peut-être que ça ne vaut pas tant que ça en fait, mais se mettre à être soi en respectant le soi des autres, serait un peu la revanche à prendre sur l’égoïsme ambiant. Parfois, on aime trop pour le monde, ce qui nous fait souffrir à l’extrême, mais je ne deviendrai pas moins intense pour moins aimer. Moins souffrir, mais sans âme, me transformerait en pierre. Je préfère la densité à la lourdeur.

Etre soi, rester soi, mais pas à tout prix, oh non!

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